LES MENSTRUATIONS VUES PAR DEUX FEMMES

3 août 2017


In 1986, Gloria Steinem wrote that if men got periods, they 'would brag about how long and how

much': that boys would talk about their menstruation as the beginning of their manhood, that

there would be 'gifts, religious ceremonies' and sanitary supplies would be 'federally funded and

free'. I could live without the menstrual bragging - though mine is particularly impressive - and

ceremonial parties, but seriously: Why aren't tampons free? Jessica Valenti

Drawing by Meredith White. 


Je me souviens la première fois que je les ai eu, ma grand-mère m'a sorti que j'étais une grande fille.
J'étais horrifiée à la vu de ce liquide rouge, à chaque fois que je les avais je me sentais sale et souillée. Je détestais avoir mes règles, à ce jour je les hais encore plus. 
Si je ne pouvais plus avoir mes règles, je serai la fille la plus heureuse du monde. J'ai toujours pensé que c'était un fardeau d'avoir ses règles. Mon état d'esprit et humeur changeait littéralement quand je les avais. A l'heure actuelle, je vois mes règles comme un véritable cauchemar. 

Pour ma part on sous estime la violence des règles, je me rappelle que adolescente j'étais incapable de bouger tellement la douleur était insupportable. Dans ces cas là je ne partais pas en cours, je voulais absolument que la douleur prenne fin. C'était insoutenable. 

Je n'ai jamais compris pourquoi il y'avait autant de tabou autour des règles, ce sont les choses les plus naturelles du monde pourtant gros silence sur la question. Je me souviens que les filles au collège se passaient très discrètement les serviettes et les tampons, histoire de ne pas être vu par les autres. Pourquoi se cacher ? Quelles raisons : honte, '' ce truc de filles'' . C'est toujours embarrassant de parler des règles, même aujourd'hui je le vois avec mon entourage féminin. 

J'ai vu circuler une pétition sur les tampons et serviettes afin que des machines soient installées dans les établissements scolaires, j'approuve absolument. J'aurais voulu que ce soit le cas lorsque j'étais ado. J'aurais aimé voir des serviettes/tampons être distribués en cas de pépin, au lieu de tituber en attendant que les cours se finissent. Vous risquez de me sortir '' cette féministe est folle à écrire ce genre de choses" '' vous n'avez que surveiller vos cycles'' , '' les règles c'est intime". Seul bémol on n' a rien caché, les règles concerne la moitie de la population, puis quand  vous ne savez pas quand elles risquent de tomber, vous êtes un peu mal. Je me remémore certains épisodes, au début mon cycle était vachement déréglé, je galérais à connaître mon cycle, sachant que je ne les avais pas tous les mois. Alors imaginez la galère quand elles arrivaient par surprise en cours, le malaise était intense. Je ne savais pas quand elles allaient se pointer, je me sentais terriblement mal et très sale. C'est arrivé quelques fois et plus jamais je veux revivre ça. A ce moment là j'aurai vraiment aimé avoir des serviettes sur moi. De plus, si vous n'aviez pas penser aux pannes ni aux surprise et qu'aucune fille n'a de produits hygiéniques autour de vous, comment faites vous ? Je trouve que des distributeurs pourraient sauver la mise à des jeunes adolescentes, jeunes femmes. 

Par ailleurs, j'adore l'initiative du Zambie et de l'Italie, ils autorisent les femmes à avoir un jour de congé en cas de règles douloureuses. C'est absolument novateur, avoir des règles douloureuses et aller travailler est un véritable calvaire. Cela m'est déjà arrivé, je n'avais envie que d'une chose : m'allonger par terre. Rajoutez la fatigue, un soleil qui frappait = En ce qui me concerne on devrait autoriser un jour de congé en France en cas de règles douloureuses, si le corps dit non on ne devrait pas forcer. Pourquoi travailler alors qu'il y'a des risques que la performance soit moins bonne ? 

En outre, je ne comprends pas les remarques : '' ce ne sont que des règles, c'est normal'' , ''les règles ça ne fait pas mal'' , '' faut souffrir'' . Pour ma part il est inconcevable de se taire sur la souffrance que les règles peuvent engendrer, ce n'est pas parce que c'est naturel d'avoir ses règles que forcement on devrait supporter sans rien dire. Certains pensent qu'on devrait se taire, s'estimer heureuses de les avoir.

Il y'a quelques semaines on m'a posé cette question : Penses tu que les produits hygiéniques devraient être gratuits ? Oui. Cela ne fait pas de moi "une folle hystérique'' de ne pas payer des produits que je considère de première nécessité, vu les prix de certains produits et la quantité à l'intérieur, vous vous demandez si ce n'est pas du foutage de gueule. Surtout quand on sait que de nos jours encore le manque d’accès à ces produits à cause de leur prix,  empêche des femmes d’aller travailler et des filles d’aller à l’école. Les femmes SDF n’y ont pas accès ou très difficilement, et de façon générale, je trouve que faire payer les femmes pour des objets de première nécessité à cause d’une particularité biologique est la base même du sexisme. On touche là au cœur même de la taxe rose. 
J'aimerais également connaître la composition des ces produits, comment cela se fait il qu'on ne connaisse pas la composition ? Surtout lorsque vous lisez qu'il y aurait des pesticides et autres composants pas très bons pour la santé. 

De mon côté, les menstrues m’ont toujours été présentées comme quelque chose de positif, c’était le signe que mon corps fonctionnait et que je pourrai un jour devenir maman. Ma mère à mis une attention toute particulière à m’y préparer, et glissait des serviettes hygiéniques dans mon cartable d’écolière dès l’âge de 9 ans. Au cas où. 

Ces précautions à l’époque m’ont plus embarrassée qu’autre chose, j’avais la peur panique de perdre du sang en plein milieu de l’école et j’imaginais que « les règles » se mettaient soudain à couler dès que je sentais quelque chose d’un peu inhabituel se passer au niveau de mon entrejambe. 

Ma mère insistait vraiment sur ce sujet, allant jusqu’à crier dans toute la maison « Alors tu as tes règles ? » dès que je sortais des toilettes. J’avais beau voir ça comme positif, j’étais morte de honte quand elle abordait le sujet devant mon père et mes frères. Elle en parlait si librement que ça à produit l’effet inverse chez moi, pendant toute la première partie de mon adolescence j’ai eu honte. Je dissimulais les linges souillés et les protections, j’allais jusqu’à jeter les culottes tâchées et prétendais ensuite les avoir perdues à la piscine.

J’avais des douleurs, notamment des migraines et des crampes dans les reins et le haut des cuisses. Ma mère ne voulait pas me donner d’anti-douleurs pour que je ne m’y habitue pas trop, donc je subissais les douleurs en silence, en faisant de mon mieux pour les ignorer afin de ne montrer à personne que je souffrais. Je trouvais que montrer mes douleurs, ou mes sautes d’humeurs étaient comme me montrer nue, ça ne se fait pas. Personne ne devait savoir que j’avais mes règles. 

C’est seulement vers 19 ans que j’ai appris à accepter mes règles comme une bénédiction, quelque chose de sacré, et je le vis toujours comme ça aujourd’hui. Mon cycle menstruel est comme une grande horloge qui rythme ma vie et qui est partie intégrante de ce que je vis. Avec le temps et avec beaucoup d’informations sur le sujet, j’ai appris comment vivre en acceptant de ne pas toujours être d’humeur égale et mieux, me servir de ces spécificités pour mener une existence plus sereine. Je dois dire que ça fonctionne plutôt bien.
Historiquement les menstrues ont toujours été quelque chose d’à la fois profondément mystérieux et dont on refuse l’étude au même titre que les autres parties du corps. Un écoulement sale, tantôt punition divine pour les femmes qui ne conçoivent pas, tantôt souillure qui touche les femmes à cause du péché originel.

On a longtemps relié les fluides corporels, dits humeurs avec les quatre éléments de la nature (la bile jaune avec le feu, la bile noire avec la terre, le sang avec l’air, le flegme avec l’eau), tous liés a des principes naturels tels que l’humide, le chaud, le sec et le froid.
Dans l’imaginaire médiéval, le corps de la femme est associé à l’humide et au froid, ainsi qu’à la faiblesse, à l’eau et à la terre. 
Par opposition l’homme est chaleur, force, pureté, ciel…Et donc à Dieu selon la hiérarchie du monde médiéval.


Longtemps on a associé le lait maternel était un sang menstruel « cuit deux fois », qu’il résultait des restes du sang d’accouchement directement mené à la poitrine par un conduit « lactomentruel » (on le retrouve sur une gravure anatomique de L. De Vinci vers 1500). 

Plusieurs penseurs et médecins éminents de ces époques partageaient cette théorie, ils voyaient l’utérus comme une cavité festonnée, reliée aux seins. Seul De Vinci décrit une cavité unique.

Tous s’accordaient toutefois sur un point, le corps des femmes était susceptible de lâcher des humeurs de manière incontrôlée : lait, sang, cyprine, urine… Que ce soit par le sexe ouvert (contrairement a celui des hommes) ou par les montées de lait. Plusieurs costumes de théâtre de ces époques représentaient les femmes ainsi, sous leurs déguisement se cachaient des mécanismes lâchant des fluides sur la scène. Les femmes n’étaient que des corps malsains, aux humeurs mal équilibrées, froids et humides, loin de la perfection voulue par Dieu.


Aussi impensable que ça puisse paraître, certains récits nous parlent d’une époque pendant laquelle les femmes n’avaient presque jamais leurs règles. Enceintes très jeunes, avant même leurs premières menstrues, et enchaînant les grossesses et les allaitements, le corps n’avait jamais le temps de relâcher les hormones propices à l’écoulement de l’endomètre. Une femme ayant ses règles à cette période était aussitôt considérée comme maudite, punie par Dieu pour le péché d’avoir refusé le devoir d’enfantement.

De nombreux mythes sur les règles persistent encore de nos jours. On disait qu’une femme ayant ses règles faisait tourner le lait et la mayonnaise, rouiller le fer, empêchait la croissance des cultures ou éloignait les prédateurs. On envoyait pour ça les femmes qui saignaient dans les champs afin d’en éloigner les corbeaux.  

Les femmes réglées, ou qui saignent des suites d’un accouchement, dans beaucoup de religions sont priés d’éviter les lieux consacrés, les bains, voire de sortir de chez elles, et pour la plupart d’éviter toute relation avec un homme, qui pourrait être souillé d’avoir touché une femme saignante.

De nos jours encore, dans certaines familles ont dit encore aux filles qu’avoir leurs règles les empêchera de réussir une mayonnaise, qu’il ne faut pas prendre de bains ou ne pas coucher avec un homme. Que ce soit par religion ou croyance populaire, les mêmes injonctions subsistent alors que la science à prouvé qu’elles n’ont aucune raison d’être. Je ne parle pas ici de confort personnel, mais de comportement qu’adoptent généralement les gens sans trop savoir pourquoi.

Dans certains pays, on dresse des tentes rouges, des lieux où la jeune femme réglée est mise en isolement. On peut y voir une volonté de permettre aux femmes de se reposer, prise en charge au sein d’une sororité une semaine par mois sous couvert de les soustraire à la souillure qu’elles pourraient provoquer chez les hommes.

Les recherches sur le sang menstruel sont toutes récentes, de même que la connaissance de l’appareil génital féminin, qui n’en est encore qu’a ses balbutiements. On revient de loin et nous sommes toujours empêtrés dans les tabous qui remontent aux débuts de l’humanité.

Demander une serviette ou un tampon est source de gêne, se promener avec également. Alors que la moitié de l’humanité a ses règles tous les mois pendant au moins trente bonnes années de sa vie. Ça devrait depuis longtemps être quelque chose de naturel et admis par tous, au même titre que les autres fluides corporels.

Article écrit avec Erulelya. Drawing by Meredith White. 
+ Le blog n'est pas laissé à l'abandon. Comme nous l'avons dit sur Facebook, nous sommes énormément occupées par le travail et nos déplacements à l'étranger. En outre, le blog est en pleine reconstruction et se focalisera uniquement sur le féminisme et la condition féminine. Après plusieurs réévaluations, nous nous sommes dit que le mieux serait de revenir à la source du blog. Ce retour à la source s'accompagnera de divers témoignages pouvant porter sur la question des femmes migrantes, des violences policières ou du cyber harcèlement sur les sites de rencontres.  On essaiera de poster 2-3 articles ce mois ci avant de revenir aux publications quotidiennes à la rentrée. 
Cependant, le blog abordera toujours les mécanismes de race, classe et genre. Enfin, un nouveau design plus sobre et plus discret sera installé au cours des deux semaines qui arrivent. 
+ Nana est en train d'ouvrir un blog foodie/lifestyle ou elle partagera ces adresses. 

7 commentaires

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