PEUT ON ÊTRE FÉMINISTE ET EN FAVEUR DE LA GPA ?

22 mai 2017


«La gestation par autrui est déjà une réalité, il faut l'accepter, avoir un débat réel et légiférer.» Maurice Godelier 

Premièrement, j'ai toujours hésité à publier un article sur la GPA. Je me suis toujours dit que ce n’était pas une bonne idée au vu des réactions que le sujet suscite. Je ne me souviens plus trop de la première fois que j'ai entendu parler de la GPA. Je devais être adolescente. J'ai toujours trouvé que c'était de la folie d'évoquer ce sujet que ce soit IRL ou sur les réseaux sociaux.
A travers cet article, je souhaite juste donner mon opinion.  Après Il est tout à fait possible que je sois totalement inconsciente ou désaxée, pourtant il est tout fait possible d'être féministe et être en faveur de la GPA, comme il est tout à fait possible d'être féministe et non abolitionniste.

La grossesse est-elle un service à louer ? La santé n'est elle pas devenue un business comme un autre ?  dans lequel des personnes vendent un rein pour payer  leurs dettes, vendent leurs ovules…
Tout le monde  sait parfaitement que les femmes qui vendent leur utérus, vivent en très grande majorité dans des pays en développement ou pauvres. Ce ne sont pas des bourgeoises vivant à Zurich qui   deviennent mères porteuses. Nous savons très bien que le système n'est pas équitable (il n'est pas beau le système !). Effectivement, on doit se poser la question sur  l’aspect éthique de l'acte. Je vous avoue que cela me titille (quoi exactement, être mère porteuse ? il faut être plus précise), car des personnes  comptent exploiter le corps des femmes racisées/pauvres.
Est-ce que la GPA conduit à la marchandisation du corps des femmes ? Je me pose la question. Est-ce que ça change quelque chose de savoir si l'enfant a grandi dans l'utérus d'une autre femme. Puis on ne vend pas d'enfant contrairement à ce que certains pensent. 

En outre, je pense que la GPA doit être encadrée par l'État,  juridiquement et socialement. On évitera ainsi les dérives que cela peut entraîner. De toute façon, tout le monde ne peut pas s'offrir une GPA ou ne souhaite pas avoir des enfants par GPA. La GPA ne risque pas de devenir un phénomène massif.  Il y a-t-il des solutions alternatives à la GPA ? Il serait temps d'avoir un vrai débat sur la thématique et non pas se contenter de crier sur tous les toits pour ou contre.

La GPA est totalement légitime à mes yeux, je n'y vois  aucun mal. En effet, il n'y aucun mal à voir une femme porter l'enfant d'une autre, si on ne peut pas faire autrement, et je ne vois pas pourquoi on l'interdirait. L'enfant sera l'enfant de ces parents biologiques. Je ne comprends pas cette histoire de 3 parents, de lien affectif entre la mère porteuse et le futur bébé, d'ailleurs je cherche à savoir comment un lien affectif peut se créer dans ce cadre. Je ne vois pas pourquoi la mère porteuse développerait un lien affectif. Ce n'est pas son futur enfant, elle est simplement gardienne le temps de la gestation. J'ai vraiment du mal à y voir clair. La mère du futur enfant est sa mère biologique, pourquoi faut-il tourner autour du pot ? C'est elle qui élèvera l'enfant.

De surcroît, je me demande si je pourrais avoir recours à la GPA un jour. Je pense qu’il est nécessaire de s'imaginer dans une situation dans laquelle le recours à la GPA serait possible. En ce qui me concerne,  la question est déjà réglée, je ne souhaite pas d'enfants.  Toutefois,  est-ce que je pourrais louer mon utérus dans un futur proche ? Ainsi se pose la question du commerce du corps humain. Devrait-on laisser/encourager un commerce autour du corps ? Cela vaut pour tout, que ce soit pour la vente d'un rein, d'un vagin, d'un utérus...

A plus forte raison,  il devrait exister une série de conditions préalables pour avoir un enfant par GPA (peu importe l'orientation sexuelle des parents) que ça soit pour les parents ou la femme qui compte porter l'enfant. Quant à la question financière, il me semble juste (bien que ça soit la principale critique contre la GPA) de rémunérer la mère porteuse.  Il ne s’agit évidemment pas la de rémunérer avec un chèque de 50 000 euros, mais la rémunération apparaît comme nécessaire à mes yeux. Pour ma part, je ne le ferais pas gratuitement.

Une autre idée complètement absurde est l’idée selon laquelle la mère porteuse n'aurait pas un droit de regard sur l'enfant à naître . Pourquoi aurait-elle un mot à dire sur cet enfant ? Ce n'est pas parce qu'elle le porte pendant neuf mois, qu'elle devient sa deuxième mère. J'ai du mal avec les '' abandon du mère'','' des séquelles à vie pour l'enfant '' … Quelles sont les séquelles/traumatismes possibles pour l’enfant ? La mère porteuse  ne fait que remplir sa part du contrat.

On m’a déjà rétorqué qu'il fallait mieux adopter qu’avoir son enfant par GPA point En ce qui me concerne, je ne suis pas une grande fan de l'adoption (je n'évoquerai pas mes raisons),  mais je pense que c'est absurde de comparer les deux moyens, car dans les deux cas ce sont des moyens d’avoir des enfants. Chacun veut avoir son propre enfant, pourquoi l'adoption serait-elle plus tolérable que la GPA ? L'adoption pose également un certain nombre de soucis/problèmes d'ordre éthique.

Je pense que vous avez compris que je suis tout sauf fan de l'adoption. Pourquoi devrait-on conseiller à certains couples l'adoption au lieu de la GPA ? c'est naturel à mes yeux de vouloir un enfant qui nous ressemble génétiquement parlant (contrairement à l'adoption). C'est totalement égoïste de préconiser l'adoption, alors que tout le monde n'y est pas forcément favorable.  Effectivement l'enfant est celui qui nous appelle maman ou papa, cela va de soi que ça soit le parent biologique ou non qui l'élève.

Cela peut paraître complètement incompréhensif, mais je suis favorable à la GPA et "moyennement opposé" à  l'adoption. De plus, je ne considère pas la GPA comme de l'esclavage, c'est totalement incohérent de faire le lien entre GPA et esclavage. Personne  ne force personne à la gestation par autrui.  Néanmoins, on ne va pas se leurrer, on sait très bien que les femmes qui le font, le font à en très grande majorité virgule pour des raisons financières. Si une femme est consentante consent à porter l'enfant d'autrui, qui va/peut l'en empêcher ?  N'est elle pas assez grande pour disposer de son corps librement ? Je sais quels sont les risques que peuvent encourir les femmes qui le font ou qui sont forcées à le faire, c'est pour cela que la GPA se doit d'être encadrée le plus strictement possible. Ajoutons également que ce n'est parce qu'on interdit la GPA, que la pratique compte s'arrêter. 

Pour finir, je ne prétends pas avoir la science infuse sur le sujet,  sujet que je trouve absolument passionnant. Néanmoins, il est fort possible que la folie ait pris le contrôle de mon esprit. L'article n'est que le reflet de mes opinions. Par contre, je refuse d'entendre ou de lire que je ne suis pas assez féministe/fausse féministe, parce que je suis en faveur de la GPA.  J'aurais très bien pu écrire sur la prostitution et les travailleuses du sexe, mais il vaut mieux que je m'arrête là. 
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Photo by Mert Alas & Mercus Piggott for Vanity Fair. 

6 commentaires

  1. Tout à fait d'accord, et comme c'est dit dans l'article, la GPA existe et ce n'est pas en l'interdisant qu'elle va disparaître, mieux vaut la réglementer pour justement protéger les personnes qui y ont accès.

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    1. Bonsoir Cyprienne,

      Nous sommes absolument d'accord, il vaut mieux légiférer sur la GPA en durcissant et en contrôlant strictement le processus que la prohiber. Ça ne ferait que empirer la chose.

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  2. Je pense que la GPA devrait être autorisé, mais soit pour les couples homosexuels, soit pour les femmes qui ne peuvent pas porter d'enfants. Pas pour un caprice de star par exemple. En revanche, comme le don d'organe, le don du sang, de moelle osseuses, d'ovocytes... ça ne devrait pas être rémunéré. A la limite, prendre en charge les soins médicaux, et les vêtements de grossesse, mais pas plus. Comme ça la seule motivation ce sera d'aider ! et ça permettra l'accès pour tout le monde, et pas que pour les plus riches

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    1. Bonjour Louanne,

      Je suis d'accord sur les critères d'admission. Par contre il est impératif de rémunérer la personne qu'elle fasse don d'ovules, de moelle osseuse. Porter l'enfant d'autrui sans rémunération financière ? Vu l'organisation que cela implique, c'est tout à fait légitime. Après il faudrait que la mère porteuse appartiennent à la classe moyenne pour éviter les dérapages. Cela détournera l'exploitation des femmes dans certains pays... Et pour permettre l'accès à tout le monde, il faudrait soit que l'État prenne en charge les couples aux bas revenus ne pouvant avoir d'enfants afin que les finances ne soient pas un gros problème.

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  3. ton article est très intéressant même si je ne suis pas d'accord avec tout :)J'ai eu une réflexion (en cours) sur la GPA. Au début j'étais totalement contre, hermétiquement opposé à cette idée que l'on pouvait louer le corps de quelqu'un dans un intérêt personnel. Maintenant en me renseignant un peu sur le sujet, en ayant des cours sur les parcours des couples stériles, homosexuels, mon avis change. Je pense que finalement c'est comme tout, il n'y a pas d'avis tranché à avoir. Je peux comprendre une femme qui physiologiquement ne pourra jamais porter d'enfant (suite à une ablation de l'utérus par exemple) et qui souhaite un enfant ayant les gènes de son mari. Je peux entendre ce désir et comprendre qu'un couple puisse trouver cette "solution" acceptable. Je peux aussi entendre que des femmes ayant déjà eu des enfants ou non, puissent un jour vouloir faire un geste altruiste en portant un enfant qui n'est pas le leur. Là où je suis toujours mitigée c'est le fait qu'il y ai notion d'argent, de prix et non d'un dédommagement. Pour l'instant seuls ceux qui peuvent payer ces sommes peuvent y avoir accès et la ça me dérange. Pour l'instant il y a aussi des filière dans certains pays qui abusent de la pauvreté des femmes en leur proposant cette solution pour gagner de l'argent. Enfin je pense que quand on voit tous les échanges entre une femme enceinte et le bébé qu'elle porte (même si pas génétiquement le sien) j'imagine que le retour à la maison, sans le bébé que l'on a porté pendant 9 mois doit être difficile. Il faudrait un vrai encadrement et suivi si la GPA devenait quelque chose d'envisageable. Bref désolée pour le roman mais je pense qu'il y a beaucoup à dire autours de ce sujet. :)
    Bonne soirée à toi !
    Marion

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    1. Bonjour EnnaRose,

      Tes arguments sont très intéressants. Effectivement le critère financier reste un problème de premier ordre, les couples ne sont pas tous égalitaires. Nous sommes d'accord que ça ne sera pas un couple gagnant 2800 euros par moi à deux, qui pourra se permettre d'avoir recours à la GPA. C'est pour cela qu'il faut que ça soit encadré financièrement pat l'Etat. Quant aux abus il faudrait mettre en place une organisation spécifique qui pourrait réguler la GPA à travers un comité à l'échelle internationale sinon une coopération entre États. Concernant le retour à la maison sans le bébé, je pense qu'il faut s'y faire même si ça doit être dur, mais des le départ elle savait qu'elle n'allait pas le garder. J'ai un peu de mal avec le lien affectif entre la mère porteuse et le futur enfant.
      UN strict encadrement de la GPA sur le plan national et international serait la meilleure chose.

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