DIVINES

14 septembre 2016


"T'as du clito, j'aime bien . "

Cette phrase résume Divines,  un film frais et ambitieux  qui vous met une claque en pleine face. Un long métrage  qui expose  les femmes  par le biais de leur féminité  mais qui met en avant leurs ambitions. Nous appréhendions le film, connaissant les cliches et les stéréotypes qu'on retrouve dans les films de banlieue. Nous nous attendions plus à des clichés qu'à une belle histoire. Divines vaut quelque chose contrairement à tous les films prétentieux portant sur la banlieue.  Il  est avant tout poignant, dénonçant une injustice sociale mettant en exergue l'hypocrisie d'une  jeunesse victime de cette injustice. Ce film est d’abord  un film social avant d’être un film "pro femmes".   C'est avant tout l'histoire de jeunes femmes essayent d'avoir un meilleur avenir que celui que la cité et la société leur réservent. Cette partie  sociale fait le film car il évoque la misère qu'elle soit familiale ou éducative. 

Divines c'est avant tout l'histoire de Dounia ''la batarde'', une fille bornée vivant dans une cité guidée par un instinct de survie et de liberté. Elle souhaite aller plus que le cadre de la cité lui offre, porte drapeau de cette jeunesse qui ne voit que l'argent comme émancipation. 
Le second personnage, Maimouna, est le plus abouti et intéressant, se révélant très attachante et avenante envers Dounia.  C’est l'incarnation maternelle de Dounia qui manque chez Dounia. La mère, jouée par Madjouline Idrissi, interprète avec brio la mère désabusée  en pleine déchéance incapable d’élever sa fille. Dounia est dans une déchéance totale, seule lumière à l'horizon c'est Djigui qui lui offre une autre perspective de vie. Néanmoins on ne peut résumer le film de cette manière, derrière Divine s'y décèle  l'hypocrisie de cette jeunesse qui sait qu'elle dérive. Elle se   réfugie derrière la religion pour trouver son chemin. Un paradoxe mis en valeur  les risques que cette jeunesse prend sans hésiter et qui plonge dans le trafic de drogue  pour l'appât du gain.  En outre on est attachés à cette jeunesse qui subit une injustice sociale criante avec des conditions de vie misérable.  C'est le cas de l'éducation donnée à ces jeunes qu'on peut retrouver dans la réalité.  Sans compter sur  les rapports entre jeunes de cité et les forces civiles que sont  la police et les pompiers. Le film n'y va pas de main morte. Ce qui ressort  est la figure de la femme forte  incarnée  par la confidente Dounia et par l'énergétique  Rebecca qui se soumettent point aux codes qu'on impose dans le milieu. Il n'y a point de femme fragile/ soumise/sauvage, une image  véhiculée qu'on retrouve assez souvent dans les films  de banlieue. Une image de femme forte en opposition aux personnages masculins revendiquant leurs masculinité illustré par le bras droit de Rebecca. Enfin les personnages secondaires ne sont pas laissé de cote ce qui permet d'accentuer le développement et le caractère des personnages principaux. 


Les actrices Oulaya Amamra,Jisca Kalvanda et Deborah Lukuemuena interprètent avec intensité ce trio féminin dont le compte à rebours ne fait que s’accélérer pour le personnage principal qu'est Dounia.   
Nous pouvons déceler des talents potentiels notamment chez Oulaya Ammara, une sorte de Leila Bekhti à ses débuts (qui jouait exactement les mêmes rôles à ses débuts). 

Finalement le film se résume en un  seul mot :  Magistral. Brut et audacieux, le premier film de Houda Benyamina est une pure réussite. Elle réussit à jouer avec les émotions du spectateur tenu en haleine  tout le long du film.  Mention spéciale à la BO qui était totalement au point,l’intégration de l’opéra dans un film comme celui était un excellent chois . Tout simplement un film à la hauteur de son succès médiatique et critiqueNous  sommes sorties  bouleversées de la salle de cinéma, tellement l'histoire est fracassante.  Un film humble et novateur sur l'esprit de banlieue, aucune provocation juste un regard adouci sur la banlieue qui se veut plus réaliste. Un des meilleurs films de l’année. 


Note : 9,5/10 

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