CACHE MOI CE CORPS QUE JE NE SAURAIS VOIR

2 juin 2016



"The nakedness of woman is the work of God "William Blake .

« La nudité désigne l'état d'une partie ou la totalité d'un corps humain qui n'est pas recouverte d'un vêtement.  Mode de vie quotidien de nombreux peuples, la nudité est un acte social qui diffère selon les cultures et les contextes. Dans la société occidentale, la nudité totale est strictement codifiée ; elle est restreinte à des contextes précis comme les lieux privés, les plages ou certains lieux de loisir.
Dans d'autres contextes, la nudité renvoie à un corps considéré comme insuffisamment recouvert. L'usage public de la nudité peut être associé à de l'exhibitionnisme et condamné en tant que tel, mais aussi revendiqué comme une libéralisation des mœurs, notamment avec le développement du naturisme qui la considère comme un mode de vie alternatif, mais normal. Il peut aussi être fait usage de la nudité comme un acte protestataire ou de revendication. »

Après cette petite entrée en matière, voici sur quoi l’article d’aujourd’hui va porter : la nudité féminine. 

Je me suis toujours demandée pourquoi le corps féminin était constamment enfermé dans une sorte de respectabilité sociale, un carcan indéfectible. Le corps de la femme semble frappé d’une sévère malédiction contrairement à celui des hommes. 
J’ai l’impression que ce dernier comporterait des parties tellement indécentes qu’elles ne peuvent être exposées à la vue de tous sans engendrer des réactions disproportionnées, pouvant allant de la censure à l’agression.

Je me souviens d'une phrase qui m’avait consterné : « la nudité féminine est à cacher ». Comme si les femmes devaient respecter une sorte de « mantra religieux en permanence » : votre corps ne peut être vu. 
La nudité des hommes est célébrée, adulée car vu comme virile alors que la nôtre se doit d'être morale.   
Certaines cultures et/ou religion imposent de le cacher à divers degrés, et même au sein de notre société, un diktat imposerait de cacher ce corps, cette partie de nous-mêmes.

L'exemple le plus percutant est celui des célébrités et des femmes comme vous et moi qui se mettent à nu. Ces dernières se font lynchés sur la Toile par des moralisateurs de bas-étage qui prônent la vertu de la femme mieux que la femme elle-même.

Remarquez-vous le parallèle au sein même du concept de la nudité ? 

« Dans nos sociétés actuelles, le vêtement définit la personnalité sociale alors que la nudité marque l'absence de position et le degré le plus bas de l'échelle, exprimé par de nombreux proverbes et expressions comme « n'avoir qu'une main devant et l'autre derrière ». 

De plus la nudité totale, parce qu'elle ne cache pas les organes génitaux, est souvent assimilée à la sexualité. Or la sexualité étant elle-même très codifiée, cette dernière a engendré de nombreuses questions à travers l’Histoire. Le corps féminin autant sacralisé que dénigré a toujours été au sein de nombreux débats virulents. 

Ce même corps qu’on ne devrait pas mettre à nu est mis justement en évidence aux yeux de tous. En effet la nudité des actrices pornographiques ne gêne plus personne…  Hypocrite me direz-vous ? Toujours est-il que dès que ça concerne le plaisir masculin il n’y a plus foule pour s’indigner… 

Mais étrangement dès qu'une femme montre son corps de façon artistique ou de sa propre volonté, cette dernière est traitée de tous les noms. Souvenez-vous du fameux cliché dénudé de notre chère Kim Kardashian. J’ai pu lire de nombreux commentaires tels que : « elle est maman faut qu’elle arrête un peu ». 

Je ne comprends pas cette pseudo indignation face au corps au féminin. Lorsque qu’un homme se dénude c’est normal, car notre société l’a voulue. Problème sociétal me direz-vous ? A mon sens c’est bien plus que cela… 

Il existe un réel contrôle par rapport à la nudité féminine. Remarquez-vous l’incohérence des médias ? On critique les femmes qu’elles soient habillées ou non. Comme par exemple avec les récentes polémiques sur le voile intégrale et j’en passe.  Notre société est tellement intrusive qu’elle en oublie qu’un vêtement est avant tout un morceau de tissu !!! Et qu’il est libre à tout un chacun de le mettre ou non.

Dans certaines cultures encore aujourd’hui le corps féminin est vu comme tabou et engendre des pratiques pour le moins archaïque tel que l’excision.

Le corps féminin est pourvu de formes qui n’ont jamais cessé d’être au centre de débats et de revendications. C’est pourquoi je vais à présent vous parlez des SEINS ! 
Oui ces mamelles sont un organe dont la fonction est de produire l’aliment nécessaire au développement physiologique du nouveau-né.

Vous le savez sans doute mais dans de nombreuses cultures d'Afrique, d'Amérique du Nord, d'Australie et d'Océanie considèrent la nudité de la poitrine comme normale et acceptable.

Dans certaines sociétés « dites » traditionnelles, les seins des femmes sont l’équivalent des mamelles des animaux domestiques et servent à produire du lait ou à allaiter, et que les animaux n’ont pas d’activités sexuelles avec les mamelles, il était « évident » que les seins ne pouvaient être des zones « sexuelles ». 

Dans certaines tribus africaines les femmes se promènent torse nu sans susciter un intérêt particulier de la part des membres masculins. En Polynésie, certaines ethnies « sont complètement sidérées par l'intérêt que portent les Européens aux seins des femmes. Ces derniers considèrent que cet organe ne peut intéresser qu'un bébé affamé. 

Hors dans nos sociétés occidentales l’allaitement en public à susciter de nombreuses polémiques de part soi-disant le côté pudique de la chose. Ce que j’en dis-moi c’est qu’il y a un véritable problème en Occident dans ce qui doit être montrer ou non. 

Alors pour quelles raisons les seins peuvent-ils devenir une zone corporelle érotisée ? 

Pourquoi les seins peuvent-ils constituer dans certaines sociétés humaines un élément féminin de séduction auxquels leurs partenaires peuvent accorder beaucoup d'importance ?

Cachés ou dénudés ils ont été soumis à une politique de respectabilité. Cependant avec l’avènement des réseaux sociaux tel qu’Instagram ou encore Facebook, un autre stade a été atteint : certaines femmes auraient le droit de montrer leurs seins car ces derniers seraient « conformes » à un idéal de beauté. 




De nos jours, d'après les standards de beauté occidentaux, la liberté dont disposent les femmes d'exposer leur poitrine dépend avant tout du contexte social.
En effet la plupart des maillots de bain et les bikinis pour femmes laissent apparaître les côtés et le dessus des seins. Le port du décolleté est largement permis, et est même considérée comme une marque d'élégance et de sophistication lors d’événements solennels.
Cependant ce dernier peut être jugé provocant dans certains environnements où « l'exposition sexualisée du sein féminin » peut être mal vu. De plus certaines parties de la poitrine ont plus ou moins connotées.

Le saviez-vous : l'exposition publique des tétons et de l'aréole a été souvent considéré comme sexuellement connotée, voir choquante. Les cache-tétons sont apparus dans les milieux du théâtre burlesque vers 1902 pour contourner la censure des seins nus féminins, en révélant autant que possible le sein. Ils étaient portés dans les cabarets comme les Folies Bergère ou le Lido. Ils ont été ensuite employés dans les clubs de strip-tease soit pour ne pas tomber sous le coup de la censure, soit son intérêt esthétique et sexy. 

Les femmes et les jeunes filles peuvent juger acceptable d'ôter occasionnellement leur haut dans des lieux non mixtes, comme les cabines d'essayage ou les dortoirs, et le monokini est souvent toléré sur les plages mixtes, mais l'exposition des seins en dehors de ces contextes est souvent vue comme un acte accompli dans le but de choquer, relégué à une forme d'obscénité.

Comment peut-on sublimer le corps d'une femme que d'une seule manière ? Lorsqu'elle est décidée par la société. C'est déplorable que nous soyons encore à batailler sur les seins et si ces derniers doivent être montrer ou non. J'ai l’impression que notre société est réduite à cela : « débattre encore et encore sur des parties du corps féminin. »

Ma perception de la nudité : La nudité ne me choque pas et ne me repousse pas. Elle est naturelle, et on a tendance à l'oublier, elle est en quelque sorte l'affirmation de l'Homme dans son essence première, l'Homme qui avant tout est surtout un sujet de la nature.  Ça ne justifie pas son exposition exagérée mais encore moins son dénigrement. Je trouve par ailleurs l'alchimie que forme deux corps entrelacés magnifique, autant artistiquement parlant que par les sensations et la passion qui s'en dégage.

La place de la nudité dans la société : Je n'en sais pas grand-chose, mais elle est vue comme le mal, le diable, l’affreux.

Mon rapport avec la nudité : Je deviens de plus en plus exigeante envers moi-même, en ceci donc assez insatisfaite de mon corps, je ne me sens pas très à l'aise étant nue à cause notamment de vergetures qui n'auraient pas dû exister, m’enfin !

Les différentes polémiques ?
L'idée qu'ont les FEMEN de militer seins nus est absolument ridicule, sachant que leur féminisme uni-sectionné est une insulte aux réelles inégalités et iniquités dont souffrent les femmes dans le monde. Elles apparaissent comme des femmes pour qui la préoccupation première est de se balader les seins à l'air et de nuire à tous ceux qui les entourent, alors qu'on a tellement d'autres réels problèmes à gérer. Elles décrédibilisent les vrais féministes

Estelle-Sandra,17 ans

Une autre thématique qui me tient à cœur est la diffusion des « nudes » ou autrement dit des photos dénudées. Phénomène inquiétant quand on sait les répercussions que cela entraîne. 
De nombreux jeunes filles et jeunes hommes ont déjà publiés une fois une photo d’eux dénudés c’est-à-dire à caractère érotique sur la Toile ou via des applications comme Snapchat.

Vous me direz sans doute qu’à partir du moment où on est en pleins moyens de ses capacités on doit assumer le risque que l’on prend ? Mais toujours est-il que de nombreux jeunes gens ont vu leur confiance abusée par des gens sans scrupule. C’est si facile d’accuser la victime mais que faisons-nous des plateformes qui diffusent ces images ? Des personnes qui ont diffusé ces images ? 

Les plus souvent les femmes sont jugées et toujours en fonction d’une certaine respectabilité qu’elles devraient avoir car cette dernière, leur a été inculqué.  

Alors que le slut-shaming ou autrement dit l’« intimidation (ou humiliation) des salopes est en augmentation constante avec l’avènement des réseaux sociaux . Le slut-shaming regroupe un ensemble d'attitudes individuelles ou collectives, agressives envers les femmes dont le comportement sexuel serait jugé « hors-norme ». 
Le slut-shaming consiste donc à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l'attitude ou l'aspect physique seraient jugés provocants ou trop ouvertement sexuels. Je tiens à assister également sur le fait que cela comprend aussi une femme qui cherche à se faire avorter ou qui a même été violée. 

Même des symboliques n'ayant a priori pas de lien avec la sexualité peuvent mener à la stigmatisation (argent, voiture, pouvoir) et au slut-shaming.

Le slut-shaming entretient l'idée que le sexe est dégradant pour les femmes. Il est commis par des hommes comme par des femmes dans les sphères publique et privée. Les attaques peuvent être physiques ou morales et dépendent de la culture et des valeurs de l'agresseur. Elles peuvent par exemple concerner le nombre de partenaires sexuels, la manière de se vêtir, de se maquiller, ou encore l'attitude générale d'une personne. 
Il y a un réel acharnement sur les réseaux sociaux sur les jeunes filles ce qui entraînent des conséquences très grave tel que le suicide.  

Je tenais à aborder un autre point sur la nudité plus particulièrement : la nudité des femmes issus des minorités. Est-ce que vous vous souvenez des tweets de Nicki Minaj à propos de la place des femmes noires dans la musique pop ? 

Nicki Minaj était en colère suite à l’annonce des nominations des MTV Vidéo Music Awards, les césars du meilleur clip vidéo.  Suite à leur publication, la chanteuse a exprimé son mécontentement sur son compte Twitter, reprochant à MTV que son ultra-suggestif Anaconda ne soit même pas nommé dans la catégorie « meilleur clip vidéo de l’année ». La chanteuse a ainsi balancé que si elle avait été d’un genre différent — comprenez, blanc et sage — avec un clip célébrant « des filles très minces », elle aurait été nommée. Propos tirés de Libération.
Selon l’intéressée, il s’agit clairement d’une différence de perception des corps blancs et noirs : une femme blanche nue est sexy tandis qu'une femme noire nue est vulgaire. Elle ajoute que les « artistes noires ont fait beaucoup pour la pop-culture, mais sont rarement récompensées pour ça »

Je pense que la nudité est avant tout une affaire de médias dans le sens ou se sont eux qui véhiculent de nombreux clichés tel que le fameux angry black women ou autrement dit « femme noire en colère » un cliché sur les femmes noires souvent perçues comme des femmes colériques, hystériques et émasculatrices. Pour revenir au cas de l’affaire Minaj bon nombres de médias américains ont décrit la chanteuse comme étant dingue et hystérique. Le clip d’Anaconda est certes provoquant mais le fameux Wrecking Ball de Miley Cyrus l’est tout autant. Pourtant ce dernier fut largement encensé. « Houston we’ve had a problem » .  Je pense sincèrement qu’il y a plusieurs artistes noires qui ne se dénudent pas du tout, mais que les médias choisissent de ne pas montrer. 

Pour briser les stéréotypes, il faut éviter de penser aux femmes noires en faisant une fixation sur leur corps et mettre davantage de l’accent sur des modèles positifs.

Le saviez-vous : Il existe un palmarès sur les vedettes ayant « montré trop de peau aux différentes soirées des Grammy Awards ces dernières années. En parcourant cette liste j’ai été forcée de constatée qu’une grande partie des femmes noires furent ciblées.

Est-ce un simple hasard ? Je m’interroge sur le rapport que nous entretenons avec le corps des femmes mais avant tout de la femme noire. Ayant lu beaucoup d’articles sur la question j’ai pu constater que le corps de la femme noire était souvent associé à une sorte d’objectification sexuelle permanente. Avec de nombreux clichés notamment comme par exemple : les femmes blacks (et non noires désolant) sont chaudes au lit et j’en passe.

Les femmes noires seraient-elles davantage sexualisées que les autres ? Ou leur sexualité et leur corps seraient-ils jugés plus sévèrement ?

Rappelez-vous quand le TWERK avait été (soi-disant) popularisé par Miley Cyrus il y a eu de nombreuses critiques et polémiques sur ses danseuses noires qui twerkaient sur scène. Jugé indécent et dégradant lorsque que les danseuses le faisaient mais en aucun cas quand Miley le répétait encore et encore. 
Dans les années 1960, aux Etats-Unis on considérait que la manière dont les Noirs dansaient était obscène. La musique « nègre » était comparée à des « bruits sauvages » invitant à « la jouissance brutale du rapprochement corporel ».

Si on remonte encore plus loin, après l’abolition de l’esclavagisme aux États-Unis, l’historien (visiblement raciste) Philip A. Bruce affirmait en 1889 que les femmes noires étaient débauchées par nature et que leurs pulsions sexuelles étaient trop fortes. Il soutenait que les hommes noirs ne pouvaient pas comprendre ce qu’était le viol parce que leurs femmes étaient toujours disponibles et prêtes à avoir des relations sexuelles.   Les bras m’en tombent chers lecteurs.  
Selon des historiens plus contemporains, cette méfiance des Blancs à l’égard de la sexualité des Noirs vient de l’époque esclavagiste. Lorsque les Européens sont arrivés en Afrique, ils ont estimé que les Africains n’avaient pas de morale et comparaient leur sexualité à celle des animaux parce qu’ils étaient plus dénudés qu’eux et que leurs danses les choquaient. Les savants occidentaux et les missionnaires avaient aussi disserté sur la sexualité des Noirs. D’après eux, les Noirs possédaient une libido déréglée qui ne leur laissait aucun repos. 

Ces idées préconçus ont instauré une morale sexuelle intransigeante, empreinte de soupçon. Encore de la discrimination ?

Les femmes noires subissent de la pression par rapport à leur apparence physique dans les grands médias.  Je vais prendre l’exemple de l’animatrice de Big Brother Canada, qui porte fièrement sa coupe afro, a raconté qu’au début de sa carrière, un patron d’une chaîne de télé où elle travaillait lui avait demandé de se défriser les cheveux. Plutôt que d’obtempérer, elle a préféré démissionner. Mais toutes ne peuvent se permettre ce luxe, et Arisa Cox croit que les femmes noires dans les médias préfèrent souvent se conformer aux standards de beautés occidentaux. Ce qui à mon sens malheureusement le cas notamment en Europe.

Pour conclure j’aimerais dire : Mon corps est un avant tout un choix que cela vous convienne ou pas.
Photo from L'Egoiste Magazine (shot by Paolo Reversi), illustration drawn by Meredith White & the last pictures from Allure.com

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