BEING A BLACK GIRL

6 mars 2016


I have a lot of things to prove to myself. One is that I can live my life fearlessly. Oprah Winfrey

Aujourd’hui je reviens avec ce petit article pour vous parler de ma condition de jeune femme noire.  Cet article dépeindra plusieurs expériences et diverses opinions sur cette thématique. 

Être une jeune fille noire en France est à mon sens parfois compliqué : entre les remises en question dû à cette couleur tant chérie et tant détestée, ainsi que les diverses discriminations devenues banales dans la vie quotidienne.  Que-faire ? 

D’un point de vue interne et au travers de mes divers expériences je trouve que les jeunes femmes noires sont souvent dénigrées car elles sont réduites à leur couleur de peau donc : leur NOIRCEUR. Durant des siècles d’idéologies racistes et coloniales les individus ayant la peau foncée ont subis bon nombre de brimades et j’en passe. 

Exemple de classification des races. 

De nos jours avec toutes les diverses avancées sociales effectuées au cours des derniers siècles, le constat est bien évidement différent. Toujours est-il que dans notre société actuelle certains stéréotypes sont les héritiers de ces périodes sombre de l’Histoire. 

Je vais vous parlez à présent d’une anecdote qui m’est arrivée au sein d’un salon salon de coiffures de type africain. Ces derniers sont situés dans les quartiers emblématiques de Strasbourg Saint-Denis et de Château Rouge à Paris et sont en majorités supervisés par des commerçants d’origine asiatique. 

En me rendant avec ma mère dans un de ces salons, ayant aperçu la seule commerçante noire une question me vint à l’esprit : Pourquoi les gens issus de la communauté noire ne dirigent pas de tels commerce ? Chose toute bête à première vue mais en demandant à la vendeuse, je fus surprise par sa réponse : « Les Noirs ne savent pas gérer ce genre de structures » , qui sont destinées en priorités à la communauté noire. Ironique non ? 
Autrement dit les individus issus de la communauté noire n’ont pas les capacités nécessaires pour faire tourner ce genre de business. Autodénigrement ? 

Pourtant en réfléchissant la première question qui me vint à l’esprit : Pourquoi penser une telle chose sur les gens de sa propre communauté ? 

En tant que jeune femme noire, j’ai dû faire face en grandissant à de nombreuses brimades qui m’ont amené à me remettre en question d’un point de vue, psychologique et physique. 

Lors de mes années collège et lycée j’ai dû face à une animalisation de mon physique notamment de mes traits. Les références animalières très souvent utilisées pour décrire une « beauté différente » dû au fait que soi-disant toutes les filles noires auraient dans l’imaginaire populaire des formes et j’en passe. De plus elles ne seraient pas féminines et feraient du boucan d’où l’apparition des termes : Niafou. 
Le plus aberrant a été pour moi le fait que certains prénoms furent utilisés pour catégoriser les filles noires jugées extravagantes ou « blédardes » autrement dit sans savoir-vivre : Bintou, Fatou ou encore Fatoumata. Ces prénoms portés par des femmes que nous connaissons, issus de la culture africaine ont été réduit à des « sortes d’insultes » devenues banales.
 Ces termes sont devenus monnaie courante et ce sont même insérés dans le langage de tous les jours. Employés par toutes les communautés désespérant n’est-ce pas ? 

Parfois vous en avez tellement marre que vous aimeriez hurler à tous ces ignorants : Je suis noire ! OK je le sais mais arrêter de me rabaisser bordel .  Inconscience je ne sais pas mais toujours est-il que ces termes sont devenus des automatismes . 

Revenons aux références animalières et remarques désobligeantes employés par des adolescents pré-pubères, au quotidien dans les diverses cours de récréations françaises . Les personnes ayant les traits du visage plus au moins marqués ont dû sans doute faire face à des moqueries, des brimades blessantes et j’en passe . 
Ces termes d’ailleurs n’étaient pas adressés à toutes les filles ayant la peau foncée bien au contraire . Il existe une sorte de « classification ancrée à tel point qu’elle paraît normale » : les filles ayant la peau claire ainsi que les traits fins pouvaient être moins stigmatisés que les autres mais pas toujours . 
Combien d’entre nous ont eu des remarques blessantes sur leur couleur de peau , leur origine ou encore leurs traits physiques ? . Quand on est plus jeune et qu’on a pas forcément le recul nécessaire pour faire fi de ces remarques, on le prend à cœur . On en rit pour se donner contenance devant les autres mais qu’est-ce que ça fait mal.  
Face à son miroir,  on en vient progressivement à se détester et à croire que les élucubrations des autres sont vraies  
Durant mes années collège-lycée une remarque, toujours la même m’a fortement marquée : « Les filles noires c’est pas mon truc, elles sont trop extravagantes et physiquement c’est pas ça » . Ce genre de remarques je les entendue maintes et maintes fois. Bien évidement qu’en matière de séduction et d’amour nos goûts sont différents mais dans le cas de ces remarques le problème n’est pas là. 
Ces dernières en apparence sans incidence quelque conque sont en réalité non basées sur des « goûts » mais des stéréotypes vraiment trop ancrés . Comment se construire une image positive en tant que femme ? Quand sans même vous connaître on vous place dans des cases déjà toutes faites . 

Résultats des courses : un manque de confiance et d’estime de soi , un rôle joué par de nombreuses jeunes filles qui essayent tant bien que mal de se faire accepter . 

En grandissant et en prenant du recul je me suis demandée si tout cela avait changé malheureusement nous sommes encore bien loin de la réalité. J’ai eu une discussion sur la beauté noire avec des amis blancs et j’ai remarqué que j'avais toujours droit aux même références en matière de beauté. 
Les phrases de mes amis étaient imprégnés d’une certaine ignorance très déstabilisante : « elles font pas trop noires comme les autres noires, mais tu vois ce que je veux dire ? » 
Je comprenais très bien  ce qu'ils voulaient dire, dans mon esprit cela signifiait que ces magnifiques jeunes femmes étaient belles car elles se rapprochaient des canons de beauté européens. Quand on parlaient des autres filles noires c'étaient les filles comme moi c’est-à-dire aux traits plus ou moins marqués. Celles qui n'étaient pas considérées comme jolies du fait de leurs traits prononcés, quand vous entendez ça tellement de fois vous finissez inconsciemment par vous trouvez moche. 

De stéréotypes en stéréotypes l’image de la femme noire est en quelque sorte reconsidérée comme étant à part des autres.

Il y a 2 semaines voulant travailler au calme avec une amie, nous décidâmes de nous rendre à la BNF. Arrivées devant les portiques du métro, un homme passe et valide son ticket. Son fils derrière ne le fit pas immédiatement alors l’homme me tint la porte afin que je puisse passée. 
Je valide mon ticket tout en passant, mon amie faisant de même jusque-là rien d’anodin me direz-vous ? 
Petite remarque : mon amie ainsi que le monsieur et son fils sont blancs. Pourquoi cette précision tout à fait inutile en soit mais nécessaire à mon anecdote ?  Trêve de précisions je continue. 

Tout à coup un agent de la RATP arrive et m’aborde froidement sans aucune politesse en me demandant mon titre de transport. Chose que je lui remis immédiatement, ce dernier ne cessa d’observer mon visage et ma carte afin de voir si c’était la même personne.  Ce même agent n’a pas stoppé mon amie ni le monsieur et son fils. Excès de zèle ? Je ne sais pas. 

En me rendant compte de ceci plusieurs choses me sont venus à l’esprit : c’était si humiliant, comme si j’étais en tort d’après le regard scrutateur de ce contrôleur qui m’observait sans cesse sous toutes les coutures. Sur le coup je n’ai pas su comment réagir face à cela. Peut-on parler de racisme banalisé ? Les préjugés ont la peau solide et je pense qu’inconsciemment certains sont tellement ancrés dans les mentalités qu’ils sont « appliqués ». 

Ces petits aléas de la vie quotidienne m’ont fait fortement réfléchir : pourquoi me sentais-je si mal alors que je n’ai rien à me reprocher. Pourquoi ma couleur de peau puisque que c’est à cela que j’étais réduite dérangeait-elle ?  J’aurais beau clamer haut et fort que je suis française on me demandera toujours d’où je viens de par ma couleur. Affligeant-non ? 

Je vous conseille d’écouter l’artiste Laura Mvula ses clips sont toujours esthétiques et pro-blackness sans oublier les paroles qui sont fortes et poignantes notamment celle de That’s Alright : 
« I will never be what you want          Je ne serais jamais ce que vous voulez 
And that's alright                               Et c’est très bien 

Cause my skin ain't light                  Car ma peau n’est pas claire 

And my body ain't tight                   Et mon corps n’est pas serré                   

And that's alright »                         Et c’est très bien 


Des paroles révélatrices d'un racisme banalisé et d'un colorisme exacerbé qui montrent bien à quel point le phénomène est ancré dans le paysage culturel .

Une des choses que j'ai remarqué au fil des années et que vous serez toujours décrite pas votre couleur de peau et on vous le répètera toujours. Vous ne serez jamais perçu comme la fille grande ou la fille brune comme les autres. Bien au contraire
Vous êtes noire un point c’est tout heureusement que les caractères des GENS sont variés sinon nous serions TOUS cantonnés à notre couleur de peau. Je pense sincèrement que nous ne pouvons pas être défini par une couleur quelque conque. 

Dans nos sociétés la couleur de peau est vraiment synonyme de définition dans la bouche de certaines personnes.
Un jour ma patronne m’a désignée à un nouveau collègue comme : « la petite black là-bas », j’ai l’impression que nous ne pouvons jamais souffler une minute sans que vous rappelle votre couleur de peau comme si c’était une tare de la société. Fatiguant et très lassant à mon avis

Passons maintenant au charmant monde académique et professionnel si vous avez lu la page à propos vous savez que nous sommes étudiantes en droit et en sciences humaines. Il nous reste entre 2 et 5 ans d'études et une question récurrente nous vient souvent à l’esprit : Trouverons-nous du travail ? 

Pour moi qui suis étudiante en sciences humaines en plus de savoir que les débouchées sont limités je me demande si ma couleur ébène ne pourrait pas poser problème. Triste réalité n’est pas ?
Il est vrai que la société a évoluée cependant les vieux démons sont toujours là que voulez-vous ? 

On ne peut effacer des siècles et des siècles de conditionnement en un tour de baguette magique, mon père m’a dit un jour « Tu verras la différence avec tes amis non-noirs quand tu commenceras à chercher un boulot, pour l’instant tu as l’impression que tout est beau et magique » 

Alors oui je me pose cette question, chaque année nous avons le droit à des statistiques plus abracadabrantes les unes que les autres sur le racisme au sein du monde du travail. Et sincèrement je ne prêté guère attention à celles-ci et aux remarques de mon paternel sur cette question cruciale. Maintenant oui.  

Pour moi qui suis étudiante en droit j’ai dû faire face à des préjugés dans ma famille et bien évidement en dehors : j’ai fais une classe littéraire pour ensuite faire du droit . Dans mon entourage le fait que je fasse une classe littéraire fut moyennement accepté, mais ces derniers n’étaient même pas étonnés car j’aurais toujours eu « des tendances de blancs » selon eux. 
Or au lycée  parmi les élèves issus de la communauté noire des autres sections c’était plus du genre « une renoi en L la vie c’est rare je comprends pas ». 

Je ne comprends pas pourquoi n’aurais-je pas ma place en littéraire ? . Dans ma famille j’ai toujours étais un peu mise à l’écart du fait que j’aurais soit disant des « attitudes et un état d’esprit de blanc »

Pourquoi ? Je ne le comprends pas et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas-là : se sentir rejetée par sa communauté et par la société d’une part fut très blessant et l’est toujours. Je suis née en France dans une famille d’origine ivoirienne musulmane fière de ses origines et de ses traditions. Par ce simple constat avoir un regard interne sur ces 2 cultures est une véritable force contre l’ignorance et le mépris selon moi.  

Cependant j’ai compris, nous avons compris que nous ne devons laisser personne nous définir. Il n'y a que nous qui pouvons savoir qui nous sommes. Peu importe qui nous soyons, il y aura toujours des gens qui voudront nous mettre une étiquette, alors retirons nos étiquettes et collons la nôtre. Nous sommes parfait dans nos singularités. Aimons - nous.

Faisons comme Beyonce dans « Formation » : « We gon’slay » autrement dit « On va tout déchirer » .  On ne devrait pas se cacher car on déchire tout malgré notre couleur de peau et les remarques stupides qui en découlent. Ces micros-agressions sont devenues banales alors c’est à nous d’en faire abstractions même si ça fait mal. Nous avons rien à prouver aux autres à part à nous-mêmes que nous le valons bien. 
« Il m’a fallu beaucoup d’années pour vomir toutes les saletés qu’on m’avait enseignées sur moi-même et auxquelles, je croyais à moitié avant de pouvoir arpenter cette terre comme j’y étais autorisé » James Baldwin Retour dans l’œil du cyclone. 

Photo from Nylon shot by SHXPIR.  

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